A propos

 

Un théâtre de l’intranquillité.

Voilà déjà quinze ans qu’à peine sortie de l’Ecole des Beaux-Arts d’Angers, Katarina Kudelova coud, colle, tresse, s’il le faut avec des barbelés, dessine, se déguise, s’apprête à faire sauter les pétards, y compris sur elle-même, sur ses compagnons ou sur ses doubles : lapin, ours, hermine, chien, saurien, mouton, chat et oisillons. Jamais à l’abri, jamais vraiment installée dans une tranquille introspection. Toujours sur le qui vive d’un territoire en sursis. Une opération suit l’autre, souvent cruelle. On perçoit les échos lointains du Théâtre d’Artaud puis des innovations de Grotowski ou de Kantor, influence clairement assumée depuis l’Ecole. Et pourtant, à l’horizon, on aperçoit parfois les pentes douces et arborées du pays natal slovaque, les profils sereins des camarades d’école ou des proches, comme des lambeaux de Paradis perdu. L’écriture de l’artiste, sans jamais évoquer le fantastique ni quelque visée provocatrice, plonge ses racines dans le mystère. Un mystère plutôt familier, qui doit se nicher quelque part du côté du pot au lait des contes enfantins; inséparable, il est vrai, du loup, des brigands, des Barbes Bleus. A moins qu’il ne faille penser aux pires champs de bataille du moment. Ou, peut-être plus cruellement encore, à la scène instable mais jamais vide de nos trop brûlants questionnements intérieurs.

Jean-Pierre Arnaud, novembre 2016

 

 

 

Légendes visuels :

Oravia , plumes et ventilateur  190x135cm     2017.
Chevreuil,  plume et ventilateur  150x112cm  2017.
Prendre garde,  pétards, mousse polyuréthane et résine    170x50x35cm    2017.
Contre attaque, céramique émaillée et mèches  30x34x17cm  2014
Ours molotov, pétards et acier peint  81x62x166cm  2012

 

Catégorie
Artistes, installation, Peinture
Tags
Digital, installation, Katarina Kudelova, Photography, Print