Erasure/Mauren Brodbeck/Paper Position Basel/11-16 juin 2019

Catégorie
Artistes, Expositions, Photographie
Tags
Art Basel, Mauren Brodbeck
A propos

 

La série ERASURE.

 

Mauren Brodbeck, à travers sa démarche plasticienne, nous invite à voir les images autrement, avec un oeil neuf. Aujourd’hui, plus que jamais, face au flux d’images qui se déverse continuellement et à un rythme exponentiel par tous les canaux technologiques, le risque est progressivement mais sûrement d’oublier, de ne plus savoir regarder une image, l’examiner, la lire. Le danger est que l’iconographie s’efface au profit de la toute puissance du récepteur/réceptacle passif, que le dialogue avec l’image comme notre confrontation à celle-ci disparaissent elles aussi.

Réseaux sociaux, outils et applications digitales nous imposent des formats  qui favorisent l’amoindrissement de la langue, l’atrophie sémantique, soutenant, exacerbant de la sorte cette tendance actuelle à vider, détourner et aplatir les mots. L’image est elle aussi assignée à ce régime drastique, elle perd son identité, se dilue dans la masse pour être « consommée » sur le mode du gavage.

 

Le travail de Mauren est de ce point de vue incontestablement salutaire, que l’on pense à ses séries Urban landscapes/ Cityscapes, reconnues et distinguées par la critique et les institutions, qui ouvraient la porte, par l’utilisation de pans monochromes pour habiller bâtiments et monuments, à une relecture du paysage urbain.

La série “Erasure” permet à l’artiste helvéte d’intervenir une nouvelle fois et de façon là encore originale (et très pertinente par rapport à son propos) sur le médium lui-même, les photographies étant retravaillées avec une lame de rasoir utilisée pour gratter et déplacer les pigments de couleurs.
Mauren Brodbeck, se penche ici sur la notion d’identité, comment “l’identité est modelée, repliée, détruite et puis reconstruite par l’expression d’une pulsion intérieure, un cri de vie”.

La dimension métonymique de ces oeuvres est prégnante, L’artiste grattant l’image, comme on gratte le vernis pour voir ce qu’il y a derrière (l’apparence). Mauren Brodbeck prend à rebours le palimpseste (“gratté de nouveau”), l’oeuvre étant issue d’une démarche visant à gratter, couche après couche, pour toucher à l’origine, l’essence, la vérité.

Les mots de Voltaire dans sa Lettre à Madame Denis – 2485- de ses correspondances résonnent : “Je vois bien qu’on a pressé l’orange, il faut penser à sauver l’écorce.”

Les dernières pièces de cette série seront présentées au salon Paper Positions à Bâle, du 11 au 16 juin pendant la Basel Art week par la galerie JJ. Heckenhauer de Münich.

Vous pouvez retrouver sur notre site une sélection d’oeuvres de la série Erasure :

 

http://www.lasgalerie.com/mauren-brodbeck/

 

Légendes visuels :

Erasure 24,  impression pigmentaire d’Archive sur papier, 70×52 cm, Ed de 1 + 1 TA    2018
Erasure 08,  impression pigmentaire d’Archive sur papier, 70×105 cm, Ed de 1 + 1 TA    2018
Erasure  14   impression pigmentaire d’Archive sur papier   144×104 cm,  Ed de 1 + 1 TA    2018