Fragment urbain IX

Technique mixte sur toile
65x54cm

« Cinémathographique »  est un épithète qui semble couler de source pour qualifier la peinture de l’artiste. la narration, le récit, la manière de capter son sujet, voici ce qui constitue un dénominateur commun entre la peinture de Régis Rizzo et cet autre art qu’est le cinéma. Nul désir chez celle-ci d’être indicielle à la manière de la photographie ni de lui disputer cette prérogative. Bien au contraire, dans chaque image, chaque scène fixée par son auteur, la peinture est on ne peut plus à l’oeuvre, elle déploie sa toile ; sans jeu de mot facile ; en y laissant sa marque. Il semble même devant certaines toiles de Régis Rizzo, que les outils et procédés de sa panoplie, sa manière d’en faire usage, soient d’une aussi remarquable qu’étonnante efficacité dans la saisie de l’une de ces 24 images censées se succéder dans l’espace d’une seconde pour garantir la fluidité de leur animation.

 

L’oeuvre intitulée « Fragment urbain IX « feux arrière » réalisée en 2019 par Régis Rizzo qui s’inscrit donc dans cet ensemble de peintures dénommées par l’artiste « Fragment urbain », en donne un très bel exemple.

L’aspect fractal de l’image d’abord, qui évoque immédiatement, une rue, mouillée par la pluie, la nuit tombée, avec dans ce contexte la réflexion puissante des feux d’une voiture (qui tel un phare, accrochent l’oeil et le guide)….tout ceci étant remarquablement rendu par les atours d’une peinture ici au carrefour de l’abstraction et de la figuration.
Ces griffures blanches qui parsèment la composition lui donnent des accents Hantaïesques (Simon Hantaï, grand peintre abstrait de la deuxième moitié du XXème.)
et lorsque l’oeil rentre dans le détail de la composition, le souci d’exactitude et de vraisemblance dans le rendu de cette séquence est prégnant.